C’est connu. La grande campagne de la filière café-cacao, comme chaque année, s’est ouverte le 1er octobre dernier en Côte d’Ivoire. La grande euphorie du prix garanti du kilogramme de cacao fixé à 1000 F a, cependant, cédé rapidement la place à de grosses inquiétudes au sein des producteurs de l’Indénié-Djuablin, à l’Est du pays. Dans une conférence de presse, Ehora Yao Léonard le président du collectif des sociétés coopératives de l’Indénié-Djuablin, a en effet relevé de graves blocages dans le processus de commercialisation des fèves de cacao au port d’Abidjan. « La commercialisation du cacao cette année, connait de curieux blocages dont on ignore les raisons. Et ce n’est pas seulement l’Est qui est concerné. Nos camions sont engorgés au port et cette situation perdure, au grand dam de nos parents producteurs. Nous nous demandons même si le prix du cacao sera maintenu à 1000 F jusqu’à la fin de la campagne » a-t-il indiqué. Plus grave, Ehora Yao a révélé que leurs camions immobilisés à Abidjan, subissent le braquage de certains inconnus qui les délestent de leur récolte. « A ce jour, au niveau des planteurs de l’Indénié-Djuablin, ce sont 17 tonnes de cacao pour une valeur marchande de 17 millions de Fcfa, qui ont été emportés par des inconnus qui ont maitrisés avec des armes blanches, nos collaborateurs affectés auprès de nos véhicules à Abidjan. L’heure est grave. »Donnant des éclairages sur ce blocage au niveau de la commercialisation, le président du collectif des producteurs a indiqué que dans le processus de vente, le connaissement des sociétés coopératives doit être validé en ligne par les exportateurs qui les autorisent ainsi à effectuer leur déchargement à Abidjan. « Non seulement la validation du connaissement est devenue très lente, mais pour le déchargement, il faut attendre une dizaine de jours. Nous en appelons à l’intervention du conseil café-cacao et du gouvernement pour régler ce problème» a-t-il regretté. Autre problème auquel sont confrontés les producteurs de l’Est, le grainage. De fait, en raison du changement climatique marqué par la rareté des pluies cette année à l’Est du pays, les fèves de cacao connaissent une réduction de leur volume, donnant environ 120 fèves pour 100g (la norme acceptable étant de 95 fèves/100g). « La conséquence, c’est que beaucoup de nos camions sont refoulés. A ce niveau également, nous en appelons à l’intervention du Conseil café-cacao pour une indulgence des exportateurs. Auquel cas, des producteurs désemparés, risquent d’écouler leur récole au Ghana. En tout état de cause, nous plaidons pour que le gouvernement se penche sur la situation actuelle de la commercialisation du cacao » a terminé Ehora Yao qui, pour la circonstance était entouré des membres de son bureau.
Zéphirin NANGO
*LEGENDE PHOTO : Image d’archives à titre illustratif


































