On ne choisit pas d’être handicapé. On le devient et on le subit. C’est qu’être handicapé n’est donc pas un choix.
Situation peu enviable, la voie de l’autonomisation des personnes handicapées est parsemée de difficultés liées à l’accès à l’éducation et à l’emploi. Un calvaire qui les rend vulnérables. Livrés à eux-mêmes dans un système peu enclin à leur apporter toujours le secours malgré les dispositions existant, des handicapés s’organisent pour ne pas faire la manche.

Don au Cecalpha-Inclusif dans le cadre de la lutte contre le Covi-19
Abidjan, Biabou dans la commune d’Abobo. Une école informelle qui accueille les enfants handicapés attire l’attention des habitants de cette bourgade située sur l’axe Abidjan-Alépé. Des élèves du collège Isrod situé à proximité s’y rendent fréquemment par curiosité pour voir comment des enfants malentendants, non-voyants, handicapés moteurs et enfants atteints d’albinisme suivent les cours. Agglutinés autour du bâtiment qui fait office d’école, ils découvrent à leur grande surprise souvent que ces personnes sont aussi intelligentes dans l’apprentissage.
A propos de l’accueil du Centre d’éducation communautaire et de l’alphabétisation inclusif (Cecalpha-Inclusif), le promoteur Gueya Demonse, un handicapé moteur donne des explications : « Je pense qu’aujourd’hui les moqueries sur les personnes handicapées ont fait place à la curiosité de découvrir leur capacité d’apprendre et d’étudier. Il est de plus en plus courant de rencontrer en Côte d’Ivoire dans des familles où ces personnes ont réussi ». Cependant, il dénonce l’attitude de certains parents analphabètes qui hésitent à envoyer leurs enfants à l’école. Alors que d’autres ont surmonté les railleries dont ils sont victimes du fait de leurs enfants. A cela, il faut ajouter le manque de structures d’encadrement pour accueillir ses enfants. Toute chose qui constitue un frein à leur instruction d’une part et leur épanouissement d’autre part. Quand des parents découvrent que d’autres enfants handicapés poursuivent leur cursus scolaire, c’est avec étonnement. Et ils n’hésitent pas à emboiter le pas à tous ces parents qui ont décidé de faire valoir le droit à l’éducation de leurs enfants. « Quand un malentendant est dans la même classe qu’un non-voyants et qu’ils échangent, cela attire la curiosité des enfants (…) Il y a des élèves d’un collège à proximité du centre qui viennent voir comment un malentendant peut aller au tableau et répondre aux questions de l’instituteur avec le langage des signes. Ils sont également étonnés de voir un non-voyant qui à l’aide de braille travaille normalement comme eux », indique M. Demonsé.
Satisfaction des parents
C’est avec fierté que Fabrice Gnamien, Agent Tic à Fraternité Matin constate que ses filles qui fréquentent ce centre inclusif ont la maitrise du langage des signes et arrivent à communiquer convenablement avec ces enfants handicapés sans aucune barrière. En décidant de créer ce centre, il s’est agi de permettre aux enfants handicapés de bénéficier du droit à l’éducation. Laquelle éducation pourrait leur ouvrir la voie de se prendre en charge dans la société et surtout réduire le taux de pauvreté dans ce milieu. Mieux, à l’en croire, il faut aussi créer les conditions d’appui aux initiatives valorisant toutes compétences au changement des regards vis-à-vis des personnes handicapées. L’on devrait s’employer, a insisté M. Demonsé, à faciliter et promouvoir l’accès de tous les enfants handicapés et vulnérables à l’école. Pour sortir les personnes handicapées de la paupérisation, il propose la mise en place par l’Etat ivoirien d’un fond d’appui à la formation de l’entrepreneuriat et à la création de micro-projets en faveur des personnes handicapées.
En Côte d’Ivoire, le Recensement général de la population et de l’habitat (Rgph) de 2014, révèle l’existence d’environ 620639 personnes handicapées, soit 2,74% de la population nationale. Contre une moyenne mondiale qui est de 15%. Quant à la population de personnes handicapées de nationalités étrangères vivant en Côte d’Ivoire elle est estimée à un taux de 19,28% contre 80,72% de nationaux ivoiriens. Face à ces chiffres, Raphaël Dogo président de la Fédération des associations des personnes handicapées de Côte d’Ivoire (Fahci), soutient qu’on peut estimer selon toute vraisemblance la population handicapée en Côte d’Ivoire à près de 3 millions de personnes. Bien sûr fera-t-il remarquer en tenant compte du taux de handicaps invisibles estimé à 80%. Il s’agit de tous les types de handicap confondus, sur une population nationale de 22,65 millions d’habitants. Et ce, « en nous basant sur le dernier rapport de la Banque Mondiale et de l’OMS de 2011 qui établit un taux moyen de 15% de personnes handicapées dans le monde », a soutenu l’Expert en Handicap et Inadaptation.
Concernant l’emploi des personnes handicapées, l’expert a indiqué que l’on constate un taux d’activité plus faible sur le plan mondial. Il a rappelé les chiffres de l’Organisation internationale du travail (Oit) qui révèlent que quelque 386 millions de personnes dans le monde en âge de travailler sont handicapées.
Source: Frat Mat






































